Conformément donc aux dispositions de l’article 28 a de notre Constitution, j’ai l’honneur de venir vous présenter le Programme de Politique Générale du Gouvernement de la République. J’ai plaisir à faire cet exercice, en ce moment particulier, car il me permet de préciser des aspects essentiels de l’évolution que le Président de la République Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA et le Gouvernement souhaitent donner à notre cher pays, le Gabon, à partir de maintenant et pour de nombreuses heureuses années. Comme chacun le sait, lors de la Campagne pour les élections présidentielles du 30 août dernier, le Président de la République a présenté un Projet de société aux Gabonaises et aux Gabonais, qui propose d’agir ensemble pour conduire le Gabon vers un Avenir en Confiance. C’est sur la base de ce Projet de société qu’il a été élu. Il convient maintenant de transformer ce projet en réalité concrète à travers des plans et programmes d’actions, des projets et des actions multiformes et de toutes dimensions. Le programme de Politique Générale que j’ai l’honneur de vous présenter, Honorables Représentants du peuple Gabonais, se fonde donc principalement sur ce Projet de Société qui vise à faire du Gabon un pays Emergent, de préférence en moins d’une génération. Ce programme se fonde aussi sur son discours d’investiture du 16 octobre 2009. A ces occasions, il nous a exhortés à construire, ensemble, le Gabon, dans le respect des libertés individuelles et collectives, le respect des droits de l’homme, la justice sociale et le souci permanent de la paix, de l’unité, en vue de faire du Gabon un pays Emergent bénéficiant d’un développement harmonieux, profitable et partagé par tous. C’est pourquoi, avant de venir vous soumettre ce programme, il m’a paru tout indiqué d’en discuter avec les Partenaires sociaux, Syndicats patronaux et Syndicats de salariés et des Représentants de la Société Civile, qui sont de grands acteurs économiques et sociaux de notre pays. J’ai pris en compte plusieurs de leurs observations utiles. Tout comme naturellement, j’ai pris soin des orientations pertinentes du Parti Démocratique Gabonais, dont le Gouvernement est majoritairement issu, ainsi que des observations de plusieurs Partis et Personnalités de la Majorité Présidentielle et même d’ailleurs. En fait, Honorables Députés, c’est un Programme Républicain en vue de l’Emergence que je viens vous présenter. Le temps nous est compté. Il faut donc aller vite et bien, sans précipitation aucune, mais avec une cadence et un rythme élevés, soutenus, évalués. Mais, qu’entendons-nous par Emergence ? Quel contenu nous y mettons-nous ? Et pourquoi l’Emergence ? Quel est son champ d’action ? Ce sont là des questions, des interrogations que l’on enregistre ça et là, depuis l’apparition de cette nouvelle destination. En réalité, la situation est simple et l’objectif est clair. Il s’agit de partir de l’état actuel de notre pays, caractérisé par une économie de rente, de cueillette, vers une situation bien meilleure, qui se signale en particulier par une économie de production diversifiée transversalement et verticalement. Il faut bien noter que tout ce que nous avons aujourd’hui, c’est Dieu, la nature qui nous l’a donné : le bois dans la forêt, personne ne l’a planté, le poisson dans la mer, les fleuves et les rivières, personne ne l’y a mis ; il en est de même du pétrole, du manganèse et des autres ressources qui sont dans notre sol et sous-sol. Ce sont des dons de la providence. En octobre 2006, visitant un grand complexe métallurgique à 250 km de Séoul, en Corée du Sud, j’ai été frappé par cette inscription à l’entrée de cette usine : « ressources are limited, but creativity is unlimited » traduit en français, cela veut dire «les ressources, les matières premières sont limitées, dans le temps, mais la créativité, la recherche est illimitée ». Et de fait, la Corée du Sud, le Japon, la Malaisie, Singapour et bien d’autres pays encore, qui n’ont pas de matières premières, sont cependant de grandes puissances économiques, grâce à leur génie créateur. C’est bien d’être ainsi doté par la nature comme nous le sommes. Mais c’est mieux d’ajouter à ces dons naturels le fruit de la recherche et de l’Industrie. Et c’est pourquoi, pour le Président de la République et pour le Gouvernement que je conduis, le Gabon Emergent, c’est un Gabon caractérisé, entre autres par : · l’innovation, fruit de la recherche en tous domaines, en promouvant et en protégeant la propriété intellectuelle ; · une classe moyenne dominante, plus importante, qui participe et met en œuvre une véritable démocratie économique ou chacune et chacun tirent profit ; · une pauvreté inexistante, en d’autres termes zéro pauvreté ; · une croissance économique forte, à deux chiffres, dans une société où il y a une répartition équitable des fruits de la croissance ; · une population d’hommes et de femmes bien formés et bénéficiant de services sociaux de qualité, en santé, en sécurité sociale, en couverture sociale, en couverture maladie… Le Gabon Emergent c’est le Gabon : · où des valeurs fondamentales sont partagées : l’Union, le Travail, la Justice, l’Equité, la conscience écologique, l’effort, le mérite et, naturellement, la paix, le développement, le partage ; · avec une industrialisation « propre » qui ne pollue pas et un environnement sain ; · où existe une économie de services portée par une infrastructure numérique de pointe, structurée et animée par de multitudes P M E-P M I dans tous les secteurs d’activités en particulier le tourisme d’affaires, le transport, les média, la formation, le perfectionnement professionnel, l’agriculture, l’alimentation, la communication, le marketing, l’hôtellerie, la pêche, l’artisanat… Le Gabon Emergent, c’est le Gabon qui doit être un pionnier de l’économie verte, avec un objectif chiffré de rentabilité carbone, prenant un engagement marqué dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Les axes programmatiques que je m’en vais vous présenter, s’inscrivent en droite ligne de cette noble vision du Gabon de demain, pleinement inséré dans l’économie mondiale, jouant un rôle moteur dans son environnement immédiat, régional et mondial, et prenant soin de ses citoyens. Aujourd’hui, nous n’avons guère le choix. Le monde évolue à une vitesse vertigineuse. Les Nations qui ne seront pas capables de changement seront les grands perdants et ne bénéficieront que très peu des opportunités offertes par la nouvelles économie sans frontières qui émerge sous nos yeux et par les découvertes scientifiques et technologiques qui en sont à la fois une source, une résultante et un catalyseur. Oui, le Gabon n’a pas d’autre choix que d’engager, avec détermination, le chantier du changement, tout en consolidant les acquis accumulés au cours des dernières décennies, sous la houlette des Présidents Léon MBA et El Hadj Omar BONGO ONDIMBA. Les urgences sont connues. Comme l’a indiqué le Président Ali BONGO ONDIMBA dans son programme présidentiel, elles ont pour noms : · la meilleure gestion des finances publiques ; · la meilleure redistribution de la richesse et des responsabilités dans la conduite des affaires publiques ; · la justice pour tous ; · la construction des routes praticables en toute saisons ; · l’emploi des jeunes et le pouvoir d’achat des ménages ; · la solidarité envers les personnes économiquement faibles ; · l’accès à l’eau potable et à l’électricité ; · la santé, l’éducation, le logement et la formation des jeunes ; · la sécurisation de l’environnement national des affaires ; · le maintien de la paix et de l’unité nationale, pour ne citer que ces urgences là. Honorables Députés ; Tout en allant vers l’Emergence, il est utile de dire où l’on est, ce qui permettra de mieux mesurer le chemin à parcourir, les étapes à franchir, les axes d’action à initier, à conduire, à faire aboutir. La situation de notre pays le Gabon est essentiellement la suivante, au moment où j’ai l’honneur de m’adresser à vous : · Sur le plan administratif : · 267 680 km2 ; 1 500 000 habitants permanents ; 9 provinces ; 49 Départements ; 27 Districts ; 52 Communes. · Sur le plan des infrastructures : · Un réseau routier de 9 170 km dont 1 243 km goudronnés soit 13,55%, 800 km d’entre eux étant bitumés depuis au moins 15 ans. Coût moyen du kilomètre d’enrobé : Fcfa 650 000 000. · deux (02) ports commerciaux en eaux profondes, Libreville et Port-Gentil ; · un (01) port minéralier à Libreville ; · un (01) port sec à Franceville ; · 10 aérodromes reconnus, dont 02 de classe internationale, Libreville et Franceville ; · Une (01) ligne de chemin de fer de 600 km présentant aujourd’hui des soucis quant à son entretien. · Sur le plan de la santé et de la sécurité sociale : · un (01) grand centre hospitalier général à Libreville ; · un (01) grand centre hospitalier à Melen, l’Hôpital Militaire Omar BONGO ONDIMBA ; · huit (08) hôpitaux régionaux de grande capacité dont un (01) par Province ; · trois (03) grands Hôpitaux de grande capacité propriété de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, dont un (01) à Libreville, Jeanne EBORI, le deuxième à Owendo, l’Hôpital Pédiatrique et le troisième à Port-Gentil, l’Hôpital Paul IGAMBA. S’ajoutent à ces structures, toujours pour le compte de la C N S S, plusieurs Centres médicaux de capacité moyenne comme celui de Tchibanga. · Sur le plan de l’Education Nationale : · 32 Lycées publics ; · 53 Collèges d’enseignement secondaires (C E S) Publics, 02 Ecoles normales des Instituteurs publiques ; · 763 Ecoles primaires publiques, auxquels s’ajoutent 20 Collèges Catholiques, 13 Collèges privés protestants, 01 Lycée islamique, 383 Ecoles primaires privées catholiques, protestantes, islamiques ; · 11 Etablissements secondaires reconnus d’utilité publique. · Sur le plan de l’Enseignement Supérieur : · trois (03) Universités : l’Université Omar BONGO ONDIMBA, à Libreville, l’Université des Sciences de la Santé, toujours à Libreville, l’Université des Sciences et Techniques, à Franceville. Trois (03) autres Universités sont en projet à Mouila, Port-Gentil et Oyem ; · dix (10) Ecoles supérieures : E N A, I E F, E N E F, Ecole Polytechnique, Institut National des Sciences de Gestion, Institut National des Sciences Agronomiques et biologiques, Ecole Supérieure de Secrétariat, l’E N S, l’E N S E T, l’I S T. · deux (02) grands Centres de recherche : le C E N A R E S T, le C I R M F. Pour l’heure 02 doctorats et 11 DESS ou D E A sont délivrés au Gabon dans les disciplines de la Médecine, des Sciences humaines et de la gestion des entreprises. · Sur le plan économique et financier : · un P I B annuel de l’ordre de Fcfa 1 200 000 000 ; · un Budget annuel de l’ordre de Fcfa 1 500 000 000 avec une masse salariale d’environ 450 milliards pour 53 000 agents de l’Etat civils et militaires, des bourses pour les étudiants de 44 milliards, un service annuel de la dette de l’ordre de 500 milliards, un budget d’investissement de 290 milliards y compris les études ; · un taux de croissance économique de moins de 5% par an ; · un taux de chômage de 25% ; · classement I D H : 103e sur 177 pays ; · classement Doing Business pour l’environnement des affaires : 158e sur 183 pays. Comme cela apparaît, une telle situation, préoccupante quoique pas catastrophique, mérite assurément qu’on en sorte et vite. Pour y remédier, je fixe un taux de résorbtion par an variant entre 5 et 10% selon les secteurs. Pour les secteurs suivants en particulier, le Gouvernement conduira des Programmes sectoriels évalués comme suit : · Pour la Justice et la Sécurité pénitentiaire, Fcfa 77,5 milliards avec un accent particulier sur la formation des Magistrats et leur spécialisation ainsi que la création d’une Chambre arbitrale et d’autres structures. · Pour l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle, Fcfa 93 milliards. 1 400 salles de classe supplémentaires sont attendues. · Pour les Affaires Etrangères, Fcfa 168 milliards avec un accent particulier sur le rétablissement de la crédibilité de l’Etat auprès de la Communauté internationale en réhabilitant les bâtiments qui abritent nos services extérieurs. · Pour la Santé et les Affaires sociales, Fcfa 140 milliards en vue d’une couverture optimum. · Pour les Relations avec le Parlement, les Institutions constitutionnelles, l’Intégration régionale, le N E P A D et les Droits de l’Homme, Fcfa 2,5 milliards. · Pour la Culture, la Jeunesse, les Sports et les Loisirs, Fcfa 209,118 milliards, y compris les travaux relatifs à la C A N 2012 pour lesquels le Président de la République a récemment pris un engagement ferme. · Pour la Défense Nationale, Fcfa 113 milliards. A noter le recrutement de 9 000 soldats nouveaux à raison de 3 000 par an pendant trois (03) ans. · Pour les Eaux et Forêts et l’Environnement, Fcfa 215,5 milliards. · Pour l’Economie, le Commerce, l’Industrie et le Tourisme, Fcfa 25 milliards. · Pour l’intérieur du pays, la sécurité publique, l’immigration et la décentralisation, Fcfa 105 milliards dont le recrutement de 9 000 agents des forces de police nouveaux. · Pour l’Education Nationale, Fcfa 516 milliards, en vue de ramener le ratio à 30 élèves par classe. · Pour le Budget, les Comptes Publics, la Fonction Publique et la Réforme de l’Etat, Fcfa 5 milliards. · Pour les Mines, le Pétrole et l’Hydrocarbures, Fcfa 330 milliards. La Convention de Belinga ferra l’objet d’un réexamen approfondi et juste. Si nécessité avérée, des mesures correctives seront prises. · Pour les Petites et Moyennes Entreprises et l’Artisanat, Fcfa 35 milliards. · Pour la Communication, Fcfa 25 milliards. · Pour l’Habitat, le Logement, l’Urbanisme, Fcfa 300 milliards, notamment pour l’aménagement de plus de 5 000 parcelles par an. · Pour l’Equipement, les Infrastructures et l’Aménagement du Territoire, Fcfa 1 500 milliards. · Pour les transports, Fcfa 75 milliards, hors aéroport de Libreville. · Pour le Travail et l’Emploi, Fcfa 26 milliards. · Pour l’électricité, l’eau, l’énergie, Fcfa 510 milliards. A noter que la Convention avec la S E E G ferra l’objet d’un audit financier, technique et des tarifs pratiqués. Tout ceci doit aboutir à la révision de cette Convention de cession. · Les barrages des chutes de l’Impératrice dans la Ngounié et celui de FE II dans l’Okano font partie des priorités dès 2010 avec les infrastructures de transport d’électricité y relatives vers Libreville, vers Mouila et vers Mitzic, Oyem, Bitam. · Pour l’Agriculture, l’Elevage, la Pêche et le Développement Rural, Fcfa 175 milliards, en vue de réduire la dépendance alimentaire. · Pour les autres programmes sectoriels, Fcfa 5 milliards. Au total, ce programme d’actions qui porte sur la période 2010-2016, soit 7 ans, coûtera Fcfa 4 882 milliards. Il créera globalement 100 000 emplois directs et indirects de tous niveaux de qualification et soutiendra un taux de croissance progressif qui doit se situer à hauteur de 10% au moins entre la moitié et les deux tiers du mandat. Honorables Députés ; Comment y parvenir ? Comment mettre en œuvre ce programme de travail et atteindre les objectifs poursuivis ? D’abord en mettant l’accent sur l’organisation. Nous sommes assez souvent mal organisés. Il faut désormais disposer de structures opérationnelles, complémentaires, aux effets multiplicateurs, avec une ligne directrice claire en trois (03) exigences : rechercher, produire, partager. Ensuite, en adoptant des méthodes de travail simples, efficaces, pragmatiques où les rôles, les tâches, les prérogatives des uns et des autres sont clairement définis, précisés, distribués. Cette méthodologie s’articulera elle aussi sur trois (03) obligations : la préparation de tout dossier, rien ne doit être improvisé, la réalisation de ce qui est retenu, ne pas remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui, le résultat de l’action posée, c’est l’évaluation. Enfin, nous allons combiner des facteurs essentiels de production. En premier, les Hommes et les Femmes qui doivent animer, porter et mettre en œuvre le programme de l’Emergence. En plus de l’accent particulier qui sera porté sur la santé, l’éducation, la formation technique, la formation et le perfectionnement professionnel, parce qu’il n’y a de richesse que d’Hommes, une recherche professionnelle et saine sera en permanence faite pour identifier les hommes et les femmes capables de soutenir et de conduire les différents segments du programme Emergence. Ils seront ensuite entièrement responsabilisés avec obligation de résultats. Honorables Députés ; Pour la mise en œuvre du programme, à côté des Hommes, il y a naturellement les moyens financiers. Le financement de cet ambitieux mais raisonnable programme aura deux origines essentielles : d’abord les ressources budgétaires propres, puis des ressources issues de Partenariats gagnant - gagnant avec les pays amis, les Organismes internationaux dans lesquels le Gabon est membre. L’investissement privé national et étranger est vivement souhaité, il sera promu et privilégié. Le budget d’investissement sera, non plus comme par le passé, résiduel, bien au contraire, ce sera un budget volontariste. C’est désormais un budget par objectifs de programme. Sa structuration, quelle que soit la période, la conjoncture, est désormais la suivante : 60% pour toutes les dépenses de fonctionnement, 40% pour l’investissement. Ces 40% seront financés notamment par : · des économies internes au niveau du fonctionnement ; · l’élargissement de la base imposable ; · un bien meilleur recouvrement des impôts et taxes ; · une amélioration significative de la douane ; · la mise en place d’un cadastre fiscal plus adapté ; · une maîtrise rigoureuse des dépenses d’investissement avec un accent particulier sur l’effectivité de la dépense. Les audits engagés nous permettent déjà d’entrevoir des perspectives encourageantes et heureuses qui nous confortent dans cette politique. 40% pour le budget de l’investissement, le Chef de l’Etat s’est fermement engagé là-dessus. Ce budget doit par ailleurs être effectif et exécuté au cours du premier trimestre de l’année et non plus en juin / juillet. Dans la part de l’investissement, 50% sont consacrés aux infrastructures (routes, ponts, énergie, économie numérique, sites industriels, ports, aéroports…), 7% à la santé, 7% à l’éducation, 7% à l’habitat et à l’urbanisme, 7% à l’agriculture, 10% à la défense, aux Forces de sécurité et aux sapeurs pompiers, 3% aux P M E, à l’industrie et au commerce, 2% pour les bâtiments administratifs, 7% pour tous les autres secteurs avec un accent particulier sur les sports, le tourisme, la jeunesse, la culture, les eaux et forêts, les mines, les loisirs, les transports… Pour l’agriculture en particulier, le taux pourra atteindre 10% à partir de 2013 pour tenir compte des engagements pris auprès de l’Union Africaine tel que retenu à Maputo. Sur la période 2010-2016, nous entendons mobiliser, sur ressources budgétaires, au moins Fcfa 5 000 milliards en raison en moyenne de Fcfa 600 milliards par an d’investissement public. Le budget est prévu d’être exécuté à 100%, au pire des cas à 80-90%, au lieu des 40 à 50% actuellement. Jusqu’à fin 2011, 40% du budget total seront affectés à l’investissement. A partir de la loi de Finance 2012, 40% constituent le plancher, mais, dans tous les cas, le budget d’investissement ne sera pas en dessous de Fcfa 656 milliards soit environ 1 milliard d’Euro. Pour améliorer l’environnement des affaires et mieux financer le budget, certains impôts vont être revus à la baisse. Il en est ainsi de l’Impôt sur les Sociétés (I S). Aujourd’hui de 35%, il est envisagé entre 25 et 30% dès 2011. L’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (I R P P) est prévu d’être revu à la baisse de l’ordre de 25 à 30%. L’Impôt sur le Revenu des Valeurs Mobilières (I R V M) actuellement de 20% est envisagé d’être ramené aux alentours de 15%. D’autres volets fiscaux des sociétés seront également revus. Il en est ainsi : · de l’élargissement des possibilités d’amortissements accélérés pour les entreprises commerciales et l’artisanat et pour les professions libérales ; · d’une réforme pour la mise en place d’un dispositif pour le crédit d’impôt conformément à la charte des investissements ; · d’une fiscalité appropriée pour les équipements des Centres de recherche ; · de la création d’un véritable régime fiscal de groupes de sociétés… En ce qui concerne les particuliers, l’accent sera en plus mis notamment sur : · la réduction d’impôts en cas de participation dans l’entreprise ; · la réduction des taux d’imposition sur les plus values dégagées en cas de cession des actions ou des parts sociales détenues dans les entreprises. S’agissant des douanes, la réactualisation de la liste des produits de première nécessité en zone C E M A C s’impose. De même, doivent être mis en place les tarifs préférentiels douaniers pour l’importation des matières premières nécessaires à la transformation des produits finis au Gabon. Les études relatives à ces différentes révisions à la baisse seront lancées dès le premier trimestre 2010, et les taux retenus appliqués dès la loi de Finance 2011 ou progressivement. Les résultats attendus sont de plusieurs ordres : permettre plus d’investissement interne aux entreprises, permettre plus d’implantation d’entreprises, toutes choses qui vont consolider et amplifier l’emploi donc le pouvoir d’achat. Par ailleurs, un bonus fiscal sera octroyé aux entreprises qui vont sponsoriser, promouvoir le sport, la culture, les loisirs, la recherche. Le mécénat sera ouvertement soutenu. En même temps qu’il faut baisser l’I R P P, courant 2010 pour effet 2011, je vous proposerai, puisqu’il s’agit d’une loi, un mécanisme nouveau de collecte de l’I R P P. L’idée en cours d’approfondissement est de supprimer l’I R P P dans sa forme actuelle et de l’inclure plutôt dans la T V A. Un tel exercice nous l’avons déjà fait en 1987 s’agissant de la vignette automobile. Le paiement de la vignette a été supprimé en l’état mais est inclus dans le prix du carburant. Et c’est un succès. De même, et compte tenu des difficultés que présente l’exploration pétrolière en eaux profondes, 50 à 100 km de nos cotes, nous allons affiner la réflexion actuelle pouvant aboutir à la révision des contrats pétroliers et ainsi augmenter la part actuelle de 20% à beaucoup plus, aux alentours de 40%, au profit des explorateurs et producteurs pétroliers qui oeuvreraient dans ce secteur. L’avantage sera de recevoir plus d’explorateurs et de booster ainsi l’activité pétrolière pour la maintenir durablement à un niveau satisfaisant. Dans le souci d’instaurer un environnement des Affaires attrayant, la parafiscalité est désormais proscrite. Les textes sectoriels l’instituant seront mis à plat dès décembre 2009. L’ensemble des taxes parafiscales obligatoires, leur taux et leurs modes de recouvrement seront institués dans la loi de Finance. L’objectif est zéro parafiscalité hors loi de Finance dès 2010. Les taxes parafiscales qui accroissent le coût de la main d’œuvre seront supprimées. Le Ministre du Budget ferra le nécessaire pour prendre en compte les charges de fonctionnement qui étaient supportées par cette parafiscalité dans les différentes Administrations concernées. En vue toujours d’aménager un climat des affaires attractif, les modalités et délais de délivrance des titres fonciers seront ramenés à la plus simple expression. Il n’est plus acceptable qu’un investisseur attende deux (02), trois (03), voire même cinq (05) ans avant d’être détenteur de cette pièce souvent indispensable pour l’accès au financement bancaire. Par ailleurs, un mécanisme adapté de financement de l’immobilier et de l’immobilier social sera mis en place courant 2011, en conformité avec la nature du logement. Quant aux conditions de travail, des souplesses et des adaptations seront opérées. L’aménagement du temps de travail retient l’attention. Ainsi, courant 2010, et progressivement, la journée de travail continue sera instaurée dans l’Administration et dans les secteurs parapublics et privés, sauf pour les Administrations ou les Sociétés qui travaillent en deux ou trois huit, ou encore qui nécessitent des gardes ou des permanences. La plage horaire sera déterminée pour rester dans les huit (08) heures journalières reconnues par les lois du travail en vigueur. Des mesures d’accompagnement à l’institution de la journée continue seront prises. Les travailleurs, les salariés feront l’objet d’une attention particulière. En même temps qu’ils doivent être formés, ils doivent aussi être éduqués. Les C P C S, Comités Permanents de Concertation Sociale, seront réactivités, consolidés et amplifiés. Les textes d’application qui font aujourd’hui défaut au Code du travail seront rapidement pris sous réserve des dispositions du Code du Travail O H A D A en cours d’élaboration, Organisme dont par ailleurs le Gabon est membre. Les contrats à durée déterminée, les C D D, seront mieux encadrés et les Conventions collectives bien mieux suivies. Les Entreprises qui embauchent les Jeunes et organisent leur formation, bénéficieront de facilités administratives, économiques et fiscales sous forme de crédit d’impôts. Des textes seront pris favorisant les stages en entreprise et l’apprentissage à temps partiel en entreprise pour les Jeunes à la sortie de l’école et le travail des vacances. Les syndicats patronaux et syndicats de salariés, utiles, doivent à ce niveau jouer un rôle majeur et veiller à ce qu’une prolifération ne nuise en définitive à leur représentativité. Quant à la sécurité sociale, l’effort portera en particulier à améliorer le ratio actuel qui est lourd et négatif d’un (01) actif pour six (06) retraités pour l’amener à la norme internationale admise d’un (01) actif pour trois (03) retraités. Les missions de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (C N S S) seront redéfinies. Ainsi, à très court terme, c'est-à-dire avant fin 2011, la C N S S sera déchargée de son volet hospitalier. Tous les hôpitaux de la C N S S seront reversés à la santé publique qui les réaménagera et les redéploiera. L’Hôpital Pédiatrique d’Owendo H P O sera érigé en un Centre Hospitalier Général. L’Hôpital Jeanne EBORI, deviendra le pôle spécialisé mère-enfant, Paul IGAMBA de Port-Gentil sera également reformulé. La Caisse Nationale de Sécurité se concentrera alors sur des missions traditionnelles et statutaires de prestations techniques. Une Caisse d’Assurance doit être liquide. Le programme actuel de réhabilitation des hôpitaux est désormais interrompu. S’agissant de la C N A M G S, un mode de financement durable sera mis en place. De même, nous envisageons de réduire le taux de la redevance obligatoire de l’assurance maladie destinée à la C N A M G S et de l’élargir à d’autres secteurs d’activités. La création d’un régime de retraite par capitalisation fera l’objet d’études approfondies. Un débat pourra être lancé à ce sujet. Dans tous les cas, les résultats de ces études vous seront communiqués pour discussion avant décision définitive. Quant aux délais de règlement au Trésor, des mesures et mécanismes seront mis en place pour l’amener progressivement aux alentours de 30 à 45 jours maximum au lieu des 90 à 180 jours actuels. A partir de 2012, l’objectif visé est 15 jours de règlement. L’Etat doit absolument recouvrer sa notoriété. A la part nationale de notre budget, s’ajouteront les ressources issues de différents partenariats. Notre diplomatie, plus que jamais tournée vers le développement, jouera à ce niveau un rôle majeur et valorisé. Nous sommes de ce fait ouverts à toute proposition de partenariat dès lors qu’elle respecte les règles d’éthique et peut satisfaire, sans nuire, le peuple Gabonais. Honorables Députés ; Il nous revient, en tant que Gouvernement, de bien comprendre les aspirations populaires, de leur trouver des réponses adéquates et surtout de mettre en œuvre, avec efficacité et efficience, les programmes définis dans le cadre de l’Emergence. En vérité, il nous faut travailler à bâtir : · un Etat de droit reconnu et respecté ; · une économie dynamique, diversifiée et bien gérée ; · une société de partage dotée d’une bonne qualité de vie. Le premier axe stratégique de notre programme gouvernemental concerne la mise en place d’un Etat de droit reconnu et respecté, un Etat de démocratie et de liberté. Le Gabon est et doit, plus que par le passé, rester un Etat de droit. A ce sujet, il convient de rééquilibrer les pouvoirs entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. J’entends, de façon soutenue et permanente, avoir, au moins une fois par trimestre, des réunions de travail avec les Présidents du S E N A T et de l’Assemblée Nationale, avec les Présidents des Commissions des deux Chambres du Parlement. Je caresse même l’idée, comme cela s’est fait ailleurs, que le Président de la République puisse, à fréquence déterminée, venir directement s’adresser aux Parlementaires réunis en Congrès. Cela nécessiterait bien entendu une modification de notre Constitution. Dans l’intervalle, je m’organiserai à donner plus de pouvoir au Parlement et à rééquilibre avec le Gouvernement. N’oublions pas que le Président de la République a siégé à l’Assemblée Nationale pendant huit (08) ans. Moi-même, je suis aussi un Parlementaire, l’un des plus anciens du reste depuis le retour à la démocratie et qui est élu sans discontinuer depuis 1990 soit Député, soit Sénateur et qui a siégé successivement dans les deux chambres. Le Parlement me tient donc à cœur. Honorables Députés, je suis en réalité l’un des vôtres. Le deuxième axe stratégique de notre programme gouvernemental concerne la gestion du développement économique. Comme l’a indiqué Son Excellence Monsieur le Président de la République dans son programme présidentiel, il nous faut diversifier notre économie encore trop dépendante du pétrole et des autres matières premières et faire émerger trois piliers sectoriels forts que seront le Gabon Industriel, le Gabon Vert et le Gabon des Services à valeur ajoutée. Le premier pilier de notre développement économique futur, et sans doute le plus accessible immédiatement, c’est le Gabon Industriel. Dans ce cadre, le Gabon sera le premier pays africain et un des premiers au monde autosuffisant en énergie propre et durable. La valorisation de notre potentiel hydroélectrique, le développement de la production d’électricité à base de gaz ainsi que le développement d’autres énergies renouvelables (biomasse, solaire…) nous permettra de couvrir l’ensemble de nos besoins, d’assurer dans notre pays l’électricité pour tous à un prix compétitif et d’exporter le surplus. Le Gabon Industriel sera également un acteur significatif de la métallurgie légère, à partir du fer de Belinga dont une partie sera transformée localement. Notre position comme producteur mondial majeur de fer et de manganèse, combiné à notre potentiel de gaz, nous oblige à être plus ambitieux et à nous affirmer comme un acteur significatif du marché mondial du minerai de fer réduit et comme pôle industriel régional de référence pour les produits transformés à base de fer et de métaux non ferreux, notamment pour la construction, avec à la clé, la création d’un millier d’entreprises industrielles et de services et de 100 000 emplois directs et indirects. Pour cela, le projet de Belinga reste crucial, mais doit être revu pour permettre une plus grande valorisation locale. Comme nous le verrons dans quelques instants, le Gabon industriel, ce sera aussi une industrie du bois dynamique et innovante. Ce sera également une meilleure valorisation du gaz avec la liquéfaction du gaz naturel, de façon immédiate, en partenariat avec le groupe Shell, et la mise en place d’une unité pétrochimique de fabrication d’engrais (engrais azotés, Urée, méthanol) avec des industriels allemands. Tout ceci nécessite, vous l’aurez compris, une production plus importante de gaz, matière première faiblement émettrice de Co2 qui s’impose comme une matière première stratégique pour notre avenir. Un cadre réglementaire approprié, une politique fiscale plus incitative et une politique de recherche volontariste permettra de lui donner toute sa place à côté du pétrole. Pour ce dernier produit, nous veillerons, en menant des négociations adéquates, à augmenter notre part dans les revenus de la filière et à développer l’exploration et l’exploitation de nouveaux champs. Par ailleurs, nous n’accepterons plus une activité de raffinage déficitaire au niveau de la SO GA RA. Notre nouvelle politique doit nous permettre d’assurer la sécurité de notre approvisionnement et de rentabiliser notre investissement, et pour cela, toutes les options seront explorées, non seulement au niveau national, mais également régional. Dans cette perspective, la première priorité consiste à ériger et promouvoir la formation d’une grappe industrielle forte de ferro-manganèse dans la région de Port-Gentil (zone Franche de l’île Mandji) valorisant le Fer, le Manganèse et fondé sur des énergies moins émettrices de Co2 telle que le gaz. La Constitution récente de la nouvelle base de données géologiques et minières du Programme Sysmin, financé par l’Union Européenne et désormais disponible fait clairement apparaître l’existence d’indices de plusieurs minéraux de valeur (métaux de base, métaux ferreux et des aciers, métaux de spécialité, métaux rares, métaux précieux et des pierres précieuses…) qui intéressent déjà et intéresseront davantage les entreprises et sociétés spécialisées, offrant là encore des possibilités à très moyen terme d’un bel avenir industriel minier. Dès 2010, l’élaboration d’un cadastre minier sera entreprise. Une zone franche industrielle sera finalement créée sur l’île Mandji, ainsi qu’une Agence de promotion spécialisée dont le travail sera d’aider à la promotion d’un bon cadre des affaires et d’incitations spécifiques permettant d’attirer des entreprises opérant dans les produits d’assemblage pour les maisons en bois et le mobilier de bois de valeur. Le second pilier du Programme de l’Emergence est le Gabon Vert. C’est, d’une part, faire du Gabon un pays modèle en matière de préservation de sa forêt, de sa biodiversité, et de la lutte mondiale contre le changement climatique et, d’autre part, valoriser pleinement tous les produits et services issus de cette forêt. Dans ce cadre, nous veillerons scrupuleusement à la mise en œuvre effective de la gestion rationnelle et durable de notre patrimoine forestier, tel qu’inscrit dans le Code forestier. Nous nous en donnerons les moyens institutionnels, avec la transformation de la Société Nationale des Bois du Gabon (S N B G) en Agence Nationale des Bois du Gabon (A N B G) qui se focalisera sur le rôle stratégique de régulation et d’encadrement du secteur, assurant de façon rigoureuse la planification et le contrôle, mais aussi de façon professionnelle le conseil et l’appui technique à tous les acteurs du secteur qui en auront besoin. Nous veillerons au respect de nos engagements et des contrats déjà signés, dès lors que les clauses de ces contrats sont respectées. Nous veillerons aussi, dans tous les futurs contrats, à privilégier l’intérêt du Gabon et des Gabonais, en donnant la priorité aux acteurs qui sont prêts à apporter le maximum de valeur ajoutée à notre bois, sur place, donc le maximum de richesses pour notre économie et le maximum d’emplois pour nos enfants. Nous veillerons à bâtir un partenariat sincère, profond et durable avec les entrepreneurs et individuels forestiers qui, en échange d’une gestion durable de la forêt et d’une transformation locale du bois, bénéficieront d’incitations fortes. Nous veillerons à favoriser l’émergence d’un secteur privé local dynamique. Nous stimulerons la demande nationale à travers un programme « Mobilier National » favorisant l’utilisation du bois local et de produits issus de l’art et de l’artisanat gabonais dans nos programmes Habitat, dans nos administrations nationales et dans nos projets de sites touristiques. Nous favoriserons l’innovation par la création au Gabon d’une école de design et des beaux arts et l’instauration de prix de renommées mondiales sur tous les beaux produits issus du bois. Le Gabon accompagnera la naissance d’une génération de designers gabonais et africains de renom. Nous développerons fortement la formation, à travers une technopole de l’économie forestière qui s’imposera comme un centre d’excellence régional dans la formation et la recherche dans les métiers du bois, accompagnée d’une politique dynamique de formation professionnelle et d’apprentissage en partenariat avec les acteurs du secteur. Nous encouragerons progressivement l’implication des communes et des collectivités locales dans le secteur, avec une exigence stricte dans le respect du Code forestier et un appui dans le renforcement de leurs capacités, ceci dans une logique d’approfondissement de notre politique de décentralisation. Nous ferons du Gabon un pôle régional de référence pour la production de contreplaqués, de placages, de produits assemblés, de meubles en bois et de tout un ensemble de produits en bois innovants et à forte valeur ajoutée. Aujourd’hui, notre ambition dans ce secteur phare du Gabon Emergent est claire et irrémédiable. Pour la mettre en œuvre, nous souhaitons cependant une large concertation avec l’ensemble des acteurs de la filière, que nous démarrerons immédiatement par des concertations sectorielles et qui aboutiront à un séminaire avec l’ensemble de la filière en février 2010, à l’issue duquel les modalités de mise en œuvre de la stratégie seront définitivement arrêtées. Le pilier Gabon Vert, c’est également tirer pleinement partie de nos parcs nationaux et de notre exceptionnelle biodiversité, avec nos 700 espèces d’oiseaux, nos 70 espèces de reptiles, nos 190 espèces de mammifères, dont des gorilles, des chimpanzés, des mandrills et des hippopotames, sans compter les milliers d’espèces de plantes que l’on ne trouve nulle part ailleurs. La valorisation de ce patrimoine nous permettra de devenir une destination privilégiée pour les amoureux de la nature et un des pays de référence mondiale dans le géotourisme. Pour cela, nous lancerons dès le début de l’année 2010, une stratégie globale qui doit permettre de lever progressivement les multiples freins au développement de ce secteur, à savoir l’accessibilité au niveau aérien par rapport aux grands marchés émetteurs (notamment l’Europe), les coûts élevés du secteur (le transport aérien, l’hébergement, la restauration), la faiblesse de nos capacités d’accueil (réceptifs hôteliers et nombre de lits), la difficulté d’accès aux sites touristiques faute d’infrastructures adéquates (routes, ponts, pistes rurales), l’absence d’opérateurs touristiques majeurs (agences de voyage, transport spécialisé de touristes, hébergeurs), l’insuffisance de travailleurs qualifiés (des guides, des opérateurs…), le déficit de visibilité et de promotion de la destination Gabon et, tout aussi important, le niveau encore insuffisant de notre culture d’accueil. Le pilier Gabon Vert, c’est également la redynamisation de notre agriculture, la valorisation des produits forestiers non ligneux, le développement de l’élevage et de la pêche, ceci afin de renforcer notre sécurité alimentaire, de réduire nos importations et d’augmenter de façon significative les revenus de nos populations, en particulier dans les zones rurales. L’accent sera particulièrement mis sur les produits vivriers : manioc, riz, banane, maraîcher et élevage de petits ruminants. Certaines spéculations telles que le café, le cacao, le palmier à huile, l’hévéa seront également promues. Le Gabon Vert, ce sera enfin tirer partie de notre engagement volontaire et de notre contribution exemplaire à la lutte contre le changement climatique. Cet engagement sera un nouvel axe majeur de notre diplomatie. C’est dans ce cadre que nous préparons activement la prochaine Conférence de Copenhague sur le climat à laquelle le Chef de l’Etat prendra part et nous veillerons, avec d’autres, à ce que les pays qui font le plus d’efforts en matière de préservation de leur forêt soient récompensés au juste prix, dans le cadre des financements des Mécanismes de Développement propre, communément appelés les crédits carbone. Pour notre part, nous travaillerons à mobiliser une large coalition pour le Gabon Vert, qui doit nous permettre de bâtir un partenariat avec toutes les institutions et grands groupes privés qui militent au niveau mondial pour l’émergence d’une économie verte et d’un capitalisme responsable et qui sont prêts à soutenir le pays modèle que le Gabon aspire à être dans ce domaine. Les collectivités et les populations locales seront également fortement responsabilisées dans la gestion et dans la préservation des forêts. L’année 2010, décrétée « année Mondiale de la Biodiversité » nous offre une opportunité que nous allons saisir pour réunir à Libreville des Personnalités de haut niveau : Chefs d’Etats, de Gouvernements, Ministres, Scientifiques, Membres de la Société Civile, dans le cadre d’une grande conférence internationale les 02 et 03 juin 2010. Une plateforme de défense des intérêts des pays concernés devra être définie. Cette conférence participera à l’élaboration d’une nouvelle éthique en particulier dans le but d’obtenir de la rencontre de Nagoya au Japon, en octobre 2010, l’expression d’une solidarité qui honorera la Communauté des pays préoccupés par la sauvegarde de notre Planète. Le Gabon dispose de toute la légitimité pour mener ce combat. Enfin, le troisième pilier du Gabon Emergent, c’est le pilier Gabon pays des services. En appuyant le développement du Gabon Industriel et du Gabon Vert, le Gabon deviendra un pôle d’excellence dans un bouquet de services à valeur ajoutée. Notre pays doit se positionner comme la première destination en Afrique Centrale pour les séminaires et congrès, donc comme leader régional du tourisme d’affaires. Il doit être demain un pôle d’excellence continental dans la formation aux métiers de la forêt et du bois, de la métallurgie, du tourisme, du design et de l’architecture, de l’environnement, de l’informatique et du management. Il sera la référence régionale dans le domaine de la cancérologie grâce à la mise en fonctionnement prochaine d’un centre de traitement ultra moderne à Avorbam, au nord de Libreville. Il s’imposera comme un pôle dynamique dans le domaine des média et de la communication. Il disposera également de sociétés de services intellectuels (conseils en management, études et ingénierie, architecture et aménagement) qui rayonneront dans toute la sous région. Le commerce sera dynamisé. Dans ce cadre, la lutte contre l’informel sera accrue, en particulier en le structurant. De même, sera prohibé tout produit impropre à la consommation. En outre, les mesures protectrices des industries agro-alimentaires devenues inappropriées, seront supprimées. Il en est ainsi de la valeur plancher fixée à Fcfa 1 000 le kilogramme sur les importations de volaille. Les missions des Directions Générales de la Concurrence et de la Consommation, du Commerce, de l’Agriculture, de la Santé, ainsi que celles des Services des Mairies et Conseils Départementaux, entraînant des contrôles successifs, et relativement intempestifs, et des réclamations permanentes seront redéfinies. Mesdames et Messieurs, Honorables Députés ; L’œuvre de diversification de notre économie sera menée, en veillant à ce que les Gabonais y participent activement et n’en soient pas simplement des spectateurs ou de faibles bénéficiaires. C’est la raison pour laquelle nous plaçons, suite aux instructions du Chef de l’Etat, le Président Ali BONGO ONDIMBA, une haute priorité au développement des capacités entrepreneuriales des Gabonais et à l’émergence d’un secteur privé national dynamique et compétitif dans toute la sous région. Nous nous inspirerons des meilleures pratiques internationales en la matière et mettrons en place des programmes innovants aussi bien de formation que d’encadrement et d’appui. Au-delà, le Gouvernement travaillera à accélérer les réformes administratives, pour instaurer un environnement des affaires de classe internationale. Il doit être possible demain de créer une entreprise au Gabon au maximum en 48h et pour le secteur privé d’avoir en face une administration qui joue un véritable rôle de service et d’accompagnement, et non pas seulement un rôle de gendarme. Une concertation permanente avec le secteur privé et les forces sociales sera mise en place, afin de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires un processus d’amélioration continue et l’Emergence un concept partagé. L’émergence des trois piliers de notre développement sera soutenue par l’aménagement d’infrastructures économiques de base de classe internationale. Nous avons déjà esquissé notre ambition dans le secteur de l’électricité, où nous projetons d’atteindre à brefs délais une capacité installée de 5 000 MW (c'est-à-dire plus de 12 fois plus qu’aujourd’hui), un taux d’électrification nationale de 100% et un coût moyen de production à 30 Fcfa le kwh contre environ le double aujourd’hui. Dans ce cadre, une réforme institutionnelle du secteur de l’électricité sera engagée, avec l’Institution d’un régulateur indépendant et la création d’un cadre institutionnel et réglementaire favorable aux Partenariats public-privé. S’agissant des télécommunications, elles s’insèrent dans la société de l’information, dont les effets induits ont donné lieu au concept d’Economie Numérique dont notre pays doit s’approprier. L’amélioration de l’indice des TIC constitue un facteur de croissance économique, politique, culturelle et sociale qui traduit la richesse et l’émergence d’un pays. Dans ce cadre, l’ambition du Gouvernement est de permettre un accès universel aux TIC, de manière équitable et financièrement abordable, y compris en zone rurale, de permettre à chaque citoyen gabonais d’accéder à l’information, aux idées et au savoir et d’y contribuer, de créer un environnement propice pour l’investissement privé, et enfin de créer un cadre de confiance qui garantisse la sécurité de l’information, la sécurité des réseaux, ainsi que la protection des données personnelles et de la vie privée dans la société de l’information gabonaise. Dans cette perspective, le Gouvernement ayant observé la maturité du marché de la téléphonie mobile, avec un parc de plus de 1 million de lignes pour près de Fcfa 250 milliards de chiffre d’affaires annuel, à entrepris d’introduire la licence de 3eme génération à partir du 1er janvier 2010. Par ailleurs, dans le souci de mieux encadrer les coûts de communication, afin d’en faciliter l’accès au plus grand nombre, le Gouvernement vient d’entreprendre l’installation d’une plateforme de contrôle et d’optimisation du trafic d’interconnexion entre les différents opérateurs nationaux et étrangers. Enfin, une fibre optique reliant les grandes localités du pays pour transporter et fournir les informations à haut débit sera mise en place, positionnant progressivement le Gabon, avec les projets de câbles sous régionaux, comme un hub numérique régional. Honorables Députés ; Nous avons mentionné notre nouvelle ambition dans le domaine stratégique des média. L’atteindre suppose une reconfiguration de notre paysage médiatique, et l’évolution vers un environnement où acteurs du service public et acteurs du secteur privé jouent chacun et tous leur rôle dans un environnement professionnel assaini, compétitif, soucieux du respect de l’éthique et de la déontologie, économiquement viable et où la régulation est la norme. S’agissant de la Communication gouvernementale, elle placera désormais les citoyens au cœur des actions menées par les pouvoirs publics et les administrations, en organisant en amont et en aval l’information, l’écoute, le dialogue avec et à destination de l’opinion et de ses divers segments. A cet effet, un Centre d’Information Public et International sera mis en place à partir de 2011. La mise à niveau de notre infrastructure de transport constitue également une forte priorité. Un programme prioritaire d’investissements permettra de mettre à niveau les routes, les ports, aéroports, chemins de fer et pistes de production par la réhabilitation des infrastructures défectueuses et la construction de nouveaux tronçons critiques. Sur ce secteur en particulier, l’accent sera mis de manière significative sur les aspects suivants: · jusqu’à fin 2011, achever les chantiers en cours, 166,5 km de route à bitumer, 11 km de pavage à Libreville, assainissement des bassins versants, aménager les cimetières et les décharges publiques de Libreville et Port-Gentil ; Parallèlement à l’achèvement de ces travaux : · lancer des travaux neufs sur plusieurs axes de route avec ouvrages d’art. Au-delà de 2011, réalisation de grands travaux d’aménagement du réseau routier et d’assainissement : Mouila – Ndende - Doussala ; La Leyou - Lastourville ; Ntoum - Cocobeach 2e phase : Oyem - Mongomo ; Kougouleu – Medouneu – Sam - Mitzic et bretelle par Bibas ; Lalara – Koumayong – Ovan -Makokou ; Alembe – Lope - Mikouyi ; Ndende – Tchibanga - Mayumba ; Mbigou - Koulamoutou ; Makokou – Okondja - Franceville ; Franceville - Boumango ; Makokou -Mékambo ; Koumameyong - Boué. A ces axes, s’ajoute la route Four Place-Port-Gentil dont les études et le tracé seront revus. Les travaux sont prévus de commencer vers 2013. Fin 2012, 450 km de routes en travaux neufs seront bitumées et 166 km, vieux de 15 ans, seront réhabilitées. Au-delà de 2012, à l’horizon 2016, 996 km additionnels seront bitumées en trafic lourd. · Lancer les travaux de fluidité de la voie expresse de Libreville. Dans ce cadre, cinq (05) échangeurs seront érigés, au plus tard fin 2011, aux carrefours I A I, Charbonnage, SO GA TOL, FOPI, Nzeng Ayong, avec une route deux fois deux voies jusqu’à la station mobil. Les travaux y relatifs commenceront dès 2010. · Le 17 août 2010, ce sera le 50e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale. En vue de cette manifestation historique, un budget spécial de l’ordre de Fcfa 35 milliards sera alloué à la Commune de Libreville. Il est principalement affecté aux travaux de route, de voirie, d’assainissement, de génie civil et d’embellissement général de notre capitale. · Aménager dix (10) bassins versants à Libreville en partenariat avec la Chine. Le développement accéléré des infrastructures s’appuiera sur deux piliers phares : · d’une part la mise en place d’un cadre juridique et réglementaire favorable aux partenariats publics privés, afin de favoriser une forte implication du secteur privé national et international dans les projets d’infrastructures ; · d’autre part la mise en place dès 2010 d’une Agence des grands travaux, disposant des compétences requises pour le montage, le financement et la mise en œuvre d’infrastructures complexes. Pour restaurer la confiance, la dette intérieure actuelle sera totalement apurée courant 2012 par respect des échéanciers. Dans le cadre des exigences de la bonne gouvernance, des appels d’offre internationaux seront désormais de rigueur pour tout marché public au-delà de Fcfa 10 milliards. La corruption pour laquelle nous avons aujourd’hui un mauvais classement mondial sera fermement combattue. Dans cette perspective, trois (03) types d’action seront menées concomitamment : · Au plan institutionnel, renforcer les capacités d’action de la Commission Nationale de lutte contre l’enrichissement illicite en modifiant le dispositif juridique actuel pour le rendre compatible avec les conventions des Nations et de l’Union Africaine en la matière et qui ont été ratifiées par le Gabon. · En matière de prévention, renforcer l’instruction civique et instituer une Journée Nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. · En matière de répression, lutter contre l’impunité par l’application rigoureuse des textes en vigueur. La protection des personnes et des biens sera renforcée. A partir de 2011, au plus tard 2012, la certification des entreprises ISO 9001, version 2008, ISO 14 000, entreprise citoyenne, sera de rigueur. Honorables Députés ; La réalisation des biens publics que constituent les infrastructures économiques de base que je viens de mentionner succinctement sera placée sous la responsabilité conjointe de l’Etat, du secteur privé et de la Coopération internationale. Le budget public devra largement y contribuer au niveau requis et attendu. C’est pourquoi, Son Excellence Monsieur le Président Ali BONGO ONDIMBA a instruit le Gouvernement de donner désormais la priorité aux investissements dans le cadre de la préparation du budget, en leur consacrant au minimum 40% des ressources. Le préalable et la première étape en est la maîtrise de la masse salariale qui atteint aujourd’hui 10% du P I B (contre 2 à 3% ailleurs). Ceci ne peut clairement continuer. Un audit des effectifs de la fonction publique a ainsi été lancé, et sera approfondi par une analyse des indemnités et avantages. Je proposerai aux partenaires sociaux un « Pacte pour l’émergence », annoncé par le Chef de l’Etat le 16 octobre 2009, lors de son investiture, axé sur la lutte contre le gaspillage et la redistribution dans l’investissement et le social des économies réalisées. Les pouvoirs publics joueront leur partition en faisant la part d’efforts et d’exemples qui leur reviennent. La réduction de la taille du Gouvernement, la révision et le plafonnement des salaires dans le parapublic, la diminution des effectifs à la Présidence, à la Primature, la suppression de plusieurs emplois publics sont les premiers signaux dans cette direction. La transparence et la bonne gouvernance seront de rigueur, partout et à chaque instant. Nul acte de prévarication ne sera toléré à quelque niveau que ce soit. Toutes ces initiatives s’intégreront dans une stratégie globale et cohérente de réforme et de modernisation de l’Etat gabonais qui sera élaborée durant le premier trimestre 2010. Honorables Députés, Représentants du peuple ; Les citoyens seront au cœur de notre programme et de nos actions. La politique, l’exercice de responsabilités publiques n’ont de sens, d’utilité et de noblesse que lorsqu’elles sont au service de l’Homme, de notre jeunesse, de nos femmes, de nos aînés, de tous nos compatriotes. C’est le sens et la portée de la politique que nous menons et mènerons désormais, telle qu’elle se reflète dans la structuration gouvernementale et les missions des divers Ministères chargés de ces volets déterminants. Nos compatriotes ont besoin de voir leurs besoins de base pris en compte et satisfaits. Du logement à la prise en charge des soins de santé, de l’éducation des enfants au panier de la ménagère, de l’épanouissement intellectuel et moral à la pratique sportive saine et revitalisante, de la protection de la veuve et de l’orphelin à la protection sociale des aînés et retraités, de l’accès aux commodités de base que sont l’eau et l’électricité à une alimentation saine et équilibrée, les attentes sont nombreuses et légitimes. C’est ainsi qu’en direction des Aînés, nous nous attellerons à la revalorisation des pensions de retraite, à la création d’un corps d’assistants / auxiliaires des aînés, à la mise en place d’un système d’accès facilité aux soins de santé, à un appui aux associations des aînés. En direction des couches vulnérables, nous nous attaquerons vigoureusement à l’acuité des problèmes des filles-mères, des mères célibataires sans ressources, des familles monoparentales, l’exposition aux déviances et maladies et les multiples problèmes des droits de succession des veuves et des orphelins, victimes de spoliations. En matière de santé, il nous faut faire face aux préoccupations majeures que sont : · l’amélioration de l’accès aux soins de santé : prise en charge des filles mères, campagne de sensibilisation sur les pandémies et maladies infectieuses en milieu éducatif, l’instauration de la gratuité des frais d’accouchement dans les structures de santé publique ; · la généralisation de la couverture vaccinale ; · la généralisation de l’assurance maladie, notamment la mise en place d’une couverture Maladie Universelle et ; · la garantie d’un approvisionnement régulier en médicaments. Un audit est déjà lancé. Un mécanisme et des structures nouvelles de gestion seront bientôt mis en place. Nous ne pouvons plus tolérer, encore moins accepter, qu’il n’y ait pas de médicaments dans les hôpitaux et dispensaires publics, alors que l’Etat dépense chaque année aux alentours de 8 milliards pour les médicaments. Honorables Députés ; La construction d’une Nation et des fondements de notre Ambition avec des valeurs fortes et partagées passe forcément par l’Education. Ce secteur, malgré les moyens importants mobilisés au cours des ans par l’Etat reste encore dans un tourbillon de crises cycliques. Mais au-delà de ces crises, la question fondamentale est : Quel Gabonais former pour aujourd’hui et demain ? Mon Gouvernement, sous les directives du Chef de l’Etat, a une meilleure visibilité aujourd’hui des enjeux et réalisations attendus, à travers un système qui valorise la fonction enseignante, promeut l’accès à l’école, assure une formation pluridisciplinaire générale, technique et professionnelle à la Jeunesse de notre pays. Nulle part ailleurs que dans ce domaine, l’égalité des chances et la transparence ne devront avoir droit de cité et être érigés en principes sacro-saints. Le mérite, la prise en compte des couches sociales les plus défavorisées, un octroi plus cohérent, rationnel et juste des bourses et allocations d’études pour des filières en adéquation avec nos objectifs stratégiques de développement, la résolution du transport, l’amélioration des conditions de travail tant pour les enseignants que pour les enseignés seront parmi les chantiers prioritaires afin de développer une éducation d’excellence et reconnue. D’un autre côté, le cadre scolaire et universitaire doit rester fidèle à sa vocation comme cadre d’acquisition de connaissances, de formation et de préparation à la vie active et non pas se muer en un champ d’exercices et d’expérimentations politiques. C’est cela aussi le « Pacte pour l’Emergence ». C’est ainsi et seulement ainsi que nous arriverons à bâtir les pôles de formation et d’excellence pour la formation supérieure qui accompagneront les programmes prioritaires bâtis à partir des trois piliers du Gabon Emergent. L’élément éducatif et humain sera l’élément moteur et le gage d’un passage assuré d’une économie fragile à une économie à forte valeur ajoutée. Au niveau culturel, nous avons déterminé cinq (05) axes et priorités : Le premier propose la revalorisation du statut des artistes, créateurs, femmes et hommes de culture. Cet axe passe par une politique hardie de revalorisation du statut des artistes et créateurs de toutes disciplines et par l’octroi d’un statut digne et reconnu pour vivre du fruit de leur créativité, de leur art, de leur production d’œuvres de l’esprit. Le second axe concerne la mise à jour et l’application de la loi sur le droit d’auteur et de la société de gestion du droit d’auteur, qui aura comme résultats attendus le respect et la protection des droits matériels et moraux, ainsi que la ferme protection contre tout piratage et autres violations des droits légitimes. Le troisième axe vise le CICIBA, projet régional qui constitue une composante fondamentale de notre projet de réhabilitation, de réalisation d’infrastructures et de maintenance de sites, monuments et équipements divers. La relance des travaux de construction du siège du Centre international de civilisation bantou (CICIBA), à l’abandon depuis 1988 faute de financement des Etats membres est un devoir identitaire collectif. C’est le lieu de réaffirmer que la mission du CICIBA reste toujours d’actualité pour la collecte, le stockage et la diffusion du patrimoine culturel Bantou de plusieurs pays africains de la région. Le quatrième axe repose sur les écoles et la formation aux métiers des arts et de la culture, dont le potentiel insuffisamment perçu et exploité est inestimable. Enfin, le cinquième axe privilégie le développement des industries culturelles : le Gabon émergent sera également le Gabon des industries culturelles. Cette nouvelle économie offre de nouvelles opportunités et mérite des mesures incitatives. L’importance du chiffre d’affaires du secteur culturel dans le produit intérieur de nombreux pays développé invite à un réel optimisme. S’agissant du sport, l’absence de notre valeureuse équipe de football à la prochaine Coupe du Monde l’année prochaine en Afrique du Sud, la première qu’abrite notre continent, ne doit pas occulter leur qualification prometteuse à la coupe d’Afrique des Nations en 2010 en Angola. Nos Panthères doivent être les locomotives d’une approche sportive ambitieuse et multidisciplinaire au moment où notre pays s’apprête à recevoir le rendez-vous par excellence du Sport continental qu’est la Coupe d’Afrique des Nations de Football en 2012, co-organisée avec la Guinée Equatoriale. Les retombées multiformes de tels évènements ont fini de faire leurs preuves partout où ils se sont tenus. Le Gabon ne devra pas échapper à la règle et devra promouvoir tous les talents sportifs. Mais, il n’y a pas que le Foot-ball, les autres disciplines, Boxe, Vollely, Hand ball, Judo, arts martiaux, Basket ball bénéficieront également de toutes les attentions. Vous l’aurez compris, Honorables Députés, notre mission et notre ambition sont d’améliorer et de rapprocher les services publics des citoyens afin de mieux les servir et de répondre plus rapidement à leurs besoins. L’étendue du territoire et la diversité ethnique du peuple gabonais doivent être considérées comme des facteurs de richesse et non comme des facteurs de division et de concentration qui n’ont plus droit de cité. Certaines compétences exercées par l’Etat doivent être transférées progressivement au pouvoir local c'est-à-dire les Conseils municipaux et Départementaux ainsi que les moyens y relatifs. J’y veillerai personnellement. Je suis aussi, comme beaucoup d’entre vous, un élu local. Je suis conseiller Départemental du Como Mondah. En ma qualité de Chef du Gouvernement, mon crédo s’inscrira en droite ligne des prescriptions du Chef de l’Etat lors de son investiture : prévenir, anticiper, planifier, exécuter, contrôler, sanctionner. A la suite du Président Ali BONGO ONDIMBA, je réaffirme devant vous. Représentation Nationale, que nous nous forgerons à la fois un style, un principe et une démarche éprouvés : · la concertation multiforme avec des supports variés : conférences, colloques, séminaires, réunions de travail pour faire le point et identifier les mesures correctives éventuelles à apporter ; · l’implication en amont et en aval des parties prenantes que sont les Gabonaises et les Gabonais d’ici ou de l’extérieur et le recours à toutes les compétences utiles à notre pays dès lors qu’elles adhèrent à ce programme et sont par conséquent partants pour entreprendre ce beau et palpitant voyage à destination de l’Emergence. Honorables Députés, Le programme du Gabon Emergent que je vous présente est réellement à notre portée, il est faisable, il est réalisable, il n’y a rien d’impossible. Mais il exige, pour sa bonne mise en œuvre, quelques pré requis : il faut aimer le Gabon et avoir la volonté de toujours tirer vers le haut notre pays, mettre l’accent sur l’essentiel, ne pas privilégier l’accessoire, avoir une conscience nationale, éradiquer le clanisme, le tribalisme, le provincialisme, le sectarisme toutes choses qu’on appelle aussi le repli identitaire. Il est aussi aujourd’hui indispensable de restaurer totalement l’Autorité de l’Etat. Actuellement, plusieurs lois et règlements ne sont pas ou plus respectés. La conscience citoyenne a disparu. Des individus, pour des intérêts personnels s’opposent et défient même l’Etat. Combien de fois ne voyons-nous pas des particuliers s’opposer à la réalisation de tel lotissement immobilier que veut entreprendre l’Etat sans présentation d’un titre de propriété en bonne et due forme ? Combien de fois ne voyons-nous pas des personnes, sans autorisation aucune, construire en bordure des routes ou dans des zones non edificandi ? Et lorsque l’administration de l’urbanisme ose les en empêcher en mettant au rouge des inscriptions d’interdiction, au mieux ces personnes mettent dessus de l’enduit de ciment, au pire ils sont pourchassés parfois au calibre 12. Combien de fois des grèves sont-elles déclenchées sans même que la procédure préalable soit allée à son terme. Combien de fois ne voyons-nous pas des personnes jeter sur les voies publiques ordures et eaux usées ? Boucher les caniveaux et autres canaux d’eaux ? Et ces nombreux écrits injurieux et diffamatoires diffusés sans retenue aucune, sans vérification préalable contrairement à la déontologie ? Et tous ces passe-droits au mépris des règles établies ? Qui respecte les horaires de travail et même les choses les plus élémentaires comme l’obligation de disposer d’un permis de conduire ou d’une carte d’assurance pour conduire un véhicule ? Une relative anarchie s’est installée qui tend à s’amplifier alors même que notre pays est réputé disposer des plus belles lois. Sur une échelle de moins l’infini à zéro et de zéro à plus l’infini, nous ne sommes certainement pas dans le secteur moins l’infini à zéro. Nous sommes à coup sûr dans la zone zéro à plus infini, peut être dans le premier quart ou le premier tiers, car il y a malgré tout encore des honnêtes citoyens qui respectent la loi et font preuve de civisme et de courtoisie. Je les félicite. Il y a des Entreprises citoyennes qui respectent la loi, paient l’impôt, évitent de polluer, assurent correctement leur personnel et s’acquittent de toutes leurs charges patronales, au contraire de l’informel nocif qu’il faut endiguer, réduire puis éradiquer. Ces entreprises citoyennes ont tous mes encouragements et mon soutien appuyé. Il importe désormais de sortir de cette zone dangereuse de l’indiscipline, de l’incivisme, du désordre et en définitive de la relative pagaille observée et s’orienter résolument et rapidement vers plus l’infini de discipline, de respect de toutes les lois et de tous les règlements en vigueur dans la République. C’est cela aussi l’Emergence. Naturellement, tout ceci implique des remises en cause et provoque des frustrations. Mais c’est le passage obligé pour que notre pays soit un pays de référence et puisse voir le développement s’accélérer au profit de tous. Il faut éradiquer tous les comportements rétrogrades car ils sont susceptibles d’entraîner le Gabon vers le bas, ce que nous ne voulons pas. Il ne faut privilégier que l’aptitude, le travail, le mérite, l’adhésion à un projet et la capacité de contribution. Il faut favoriser l’émulation et libérer les énergies, les génies créateurs, la pensée et l’action responsables et constructives. A ce propos, en tant que pays de démocratie et de liberté, la presse et les média sont parfaitement libres d’exercer leur métier et ils doivent être encouragés. Toutefois, ils doivent respecter les obligations inhérentes à leurs activités et privilégier leur noble rôle de sensibiliser et d’informer, au lieu de se lancer dans des voies plutôt regrettables et désolantes. En route vers l’Emergence, il faudra souvent, comme on dit, attraper le taureau par les cornes. C’est pourquoi, la devise de mon Gouvernement est : « courage, audace, efficacité ». Courage, parce que la mise en œuvre du Programme du Gabon Emergent, nécessite, de manière incontournable, la mise à plat de plusieurs comportements, pratiques, manières de faire, et même, par certains cotés, le système de valeur. Les premiers changements intervenus provoquent déjà grincements de dents, bouderies, cris de douleurs, colères. Nous nous y attendions le Président de la République et moi-même. Mais c’est le passage obligé vers l’excellence et l’Emergence. Honorables Députés ; Partout dans le monde entier, les changements sont comme les frottements, ils produisent toujours de la chaleur. Ne vous laissez donc pas aller par la colère. La colère est mauvaise conseillère. Dans la Rome antique, du temps des Romains, les latins disaient « Ira furor brevis est » ce qui, traduit en français veut dire, « la colère est une courte folie ». Colère de perdre quelques avantages immédiats, colère peut-être compréhensive de ne pas immédiatement trouver le bon tempo, mais folie de s’inscrire sur le registre du passé alors qu’il faut avancer, folie de ramer à contre courant et d’être emporté par les eaux, folie de ne pas savoir saisir les opportunités des temps modernes et de les exploiter avantageusement. Si nous campons par colère sur nos positions sectorielles ou individuelles, cela est de nature à provoquer des attitudes fort regrettables, susceptibles de conduire à des appréciations bien inimaginables, engendrant des pulsions difficilement contrôlables, générant à leur tour des réactions imparfaitement maîtrisables, aux conséquences bien évidemment incalculables. Devant toute situation, il faut toujours savoir raison gardée. La responsabilité qui est la nôtre nous commande en toute circonstance de garder tête froide devant tout événement et d’analyser et de traiter toute affaire non pas de manière émotionnelle mais plutôt et toujours de manière rationnelle. Le courage, une partie de ma devise, participe de cela. La deuxième valeur de la devise de mon Gouvernement est, l’Audace. Je suis fondamentalement de nature optimiste, c’est ce qui fait que je suis audacieux. J’aborde généralement toute situation avec audace. Je n’aime pas la routine, je n’aime pas les expressions du genre on a toujours fait comme ça. Non, cette attitude-là, c’est de l’immobilisme. Or, autant le changement dérange, et j’en conviens, autant l’immobilisme tue. Pour le Gabon comme pour tout ce qui peut être bien, je suis audacieux. Je n’hésiterai donc pas à oser des formules nouvelles, des centres d’intérêt nouveaux dès lors que c’est positif pour le Gabon et que notre peuple peut en tirer profit, sans que cela ressemble en aucune manière à de l’intrépidité. C’est pourquoi, Honorables Députés, Honorables Représentants du peuple, je vous invite à être avec moi et avec tout le Gouvernement audacieux pour l’avenir de notre pays. Audacieux en nous situant toujours dans la solution et non dans le problème. Audacieux avec moi et le Gouvernement en recherchant toujours à tirer le Gabon vers le haut et non vers le bas. Audacieux, je vous invite à l’être avec le Président de la République, le Gouvernement et moi-même pour bâtir ensemble un Etat moderne et stratège, disposant d’une administration efficace en Ressources Humaines et en structures. Nous en avons la capacité, nous en avons la ressource. Cette année 2009, nous avons agréablement étonné le monde entier, en réussissant une transition sans heurts entre le Président défunt et le nouveau. Nous avons surpris positivement les observateurs les plus critiques en démontrant qu’en définitive nous disposons au Gabon d’Institutions solides, à parfaire naturellement, et que la Constitution, améliorable, doit prévaloir sur tout. Ce que nous avons fait cette année en termes de démocratie et de respect des Institutions est désormais un cas d’école dans notre Continent. Nous devons tous en être fiers. Continuons donc sur cette lancée et surprenons encore positivement l’opinion nationale et internationale en conduisant ensemble une politique proactive, novatrice, dynamique, inventive, innovante, générant succès et gains sur tous les plans. La nouvelle politique économique et sociale, la N O P E S qui est le contenu du programme d’Emergence et que j’ai l’honneur de vous présenter, est une semence à plusieurs récoltes, des récoltes à cycle court et des récoltes à moyen et long termes. Dans tous les cas, la moisson sera abondante. La numérisation des grands fichiers de l’Etat, fichier des personnes physiques, fichier des personnes morales et fichier du Patrimoine foncier, constitue à ce sujet un facteur critique pour un saut qualitatif de l’administration. La réforme de l’Etat qui va être engagé va permettre de rationaliser les effectifs, de rationaliser les dépenses de l’Etat, d’introduire et d’appliquer de nouvelles normes de gouvernance. Je vous invite à être audacieux avec moi, Honorables Députés, pour que le Gabon joue un rôle leader et innovant dans la stratégie d’intégration régionale, dans la mise en œuvre de projets régionaux retenus dans le cadre du N E P A D, de la C E M A C et de la C E E A C et dont la réalisation en relation avec nos partenaires habituels, B A D, F M I, Banque Mondiale, C E A, Union Européenne, les pays du G8 et bien d’autres encore apporteront plus de bonheur à nos populations. La troisième valeur de la devise du Gouvernement est l’efficacité. Des solutions simples et adéquates, à moindre coût, seront toujours privilégiées pour résoudre avantageusement les problèmes du pays et donner ainsi satisfaction aux justes et légitimes besoins exprimés par les Gabonaises et les Gabonais. Cela implique une utilisation rationnelle de nos ressources propres : ressources humaines, la valorisation des expertises nationales, les matériaux locaux de construction, une éthique nationale. Les résultats du programme de mon Gouvernement, le Gouvernement de l’Emergence, doivent être mesurés à l’aide d’indicateurs simples et concrets pour tout le peuple gabonais : · la quantité de nourriture dans l’assiette ; · le nombre de repas par jour, au moins 03 ; · les conditions de logement acceptables ; · le nombre de kilomètres de route bitumée qui augmente d’année en année ; · l’accès aisé aux médicaments, à l’eau, à l’électricité ; · l’accès aisé aux transports en commun dont l’insuffisance est à l’origine de dysfonctionnements forts regrettables et qu’il faut éradiquer ; · l’accès facilité et aisé au financement bancaire, au crédit, pour développer les affaires dans les conditions avantageuses pour tous… C’est sur ces aspects, ces résultats que je souhaite qu’on puisse porter, dans les années à venir et à terme, un jugement sur le Gouvernement que j’ai l’honneur de conduire. Mesdames et Messieurs les Honorables Députés ; Il eut été long, quoique intéressant, de vous décliner tous les détails de ce Programme de Politique Générale, les projets, les mesures administratives à prendre, les études et audits à effectuer pour la mise en œuvre de l’Emergence. Mais, nous avons le temps devant nous pour en discuter chaque fois que cela s’avérera nécessaire et souvent à mon initiative car, comme je l’ai déjà dit, j’aurai avec le Parlement des contacts, des échanges, des séances de travail régulièrement. Pour ce programme de politique générale, il m’est apparu utile et porteur de ne présenter que l’essentiel. Je vous ai donc communiqué les grands axes, les piliers et les fondements de l’Emergence. Je vous ai communiqué les chiffres essentiels en termes de budget, de fiscalité, de croissance, de développement, d’objectifs, de réalisation, ainsi que le calendrier de plusieurs programmes sectoriels. Il ne s’agit pas d’un programme indicatif. Au contraire, il y a contrainte donc nécessité d’agir. A partir de ces derniers critères et articulations, il est aisé de percevoir la cohérence de ce programme, sa faisabilité et surtout sa performance en vue d’atteindre l’excellence et faire du Gabon un pays réellement Emergent. Pour la mise en œuvre de ce programme porteur pour notre pays, il ne me reste plus maintenant qu’à obtenir votre confiance. En me l’accordant, vous allez contribuer indéniablement à accélérer le processus de transformation du Gabon en un pays Emergent où il fait bon vivre, un pays qui soit toujours avantageusement cité dans le concert de la Communauté Internationale au grand bonheur des Gabonaises et des Gabonais. · Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; · Mesdames et Messieurs Honorables Députés ; Je vous remercie pour votre aimable attention.
|
| Mardi 13 Juillet 2010 |
