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La Constitution française du 4 Octobre 1958 La Constitution française du 4 Octobre 1958 donnait aux Etats africains membres de la Communauté franco-africaine, la possibilité d’évoluer vers l’indépendance. L’article 78 de cette constitution prévoyait le transfert des compétences de la Communauté à l’un de ses membres au moyen d’accords particuliers. Le 20 Mai 1960 Le gouvernement Léon Mba obtint, par un vote de l’Assemblée Législative, le mandat de mener des négociations avec l’ancienne puissance coloniale en vue du transfert des compétences qui devaient conduire l’Etat autonome du Gabon à l’Indépendance, mais en « amitié » avec la France.C’est au mois de Juillet 1960 que la délégation gabonaise conduite par Léon Mba, assisté du Président de l’Assemblée Législative Paul Gondjout et d’hommes politiques et notables dont le Prince Félix Adande-Rapontchombo, Eugène Amogho, André Gustave Anguilè, Pierre Avaro, Jean Aveno Davin, Prince Birinda de Boudieguy, Jean Félix Mba et N’Nah Bie quittent Libreville pour Paris. Au Gabon, le peuple (la classe politique) était en émoie, en attendant le retour de la délégation.A Paris, la délégation gabonaise eu à négocier avec la délégation française conduite par Michel Debré, Premier Ministre du Général de Gaulle. Les accords devaient consacrer les liens privilégiés entre les deux pays. - Le transfert à la République Gabonaise des compétences de la communauté. Ces accords comportaient trois annexes précisant les domaines d’intervention.Après leur paraphe, le 15 Juillet 1960, Michel Dibré et Léon Mba s’échangèrent le jour même des lettres affirmant le caractère péremptoire de ces accords, et la nécessité de leur ratification par leurs gouvernements respectifs. LA PROCLAMATION DE L’INDEPENDANCE Le soir du 16 Août, veille de l’Indépendance, à 23h20, Léon Mba, Premier ministre, Chef de l’Etat, et les plénipotentiaires français qui l’accompagnent, dont André Malraux, émissaire du Général de Gaulle, venu transmettre le pouvoir aux autorités gabonaises, Yvon Bourges, Haut Commissaire général de l’A.E.F. et Jean Risterucci Haut Commissaire français au Gabon, sont accueillis à l’Assemblée Nationale par Paul Gondjout, Président de l’Institution. Tous s’immobilisent pour écouter, une dernière fois, « la MARSEILLAISE » en tant qu’hymne du Territoire, jouée par la Garde Républicaine. Tout le ghota politique est là, rassemblée, attendant de suivre les allocutions de cette circonstance exceptionnelle qu’est la proclamation de l’Indépendance. Ces moments d’intense émotion sont rompus avant minuit par la première allocution du Président de l’Assemblée Nationale Paul Gondjout qui ouvre la séance, installé au bureau présidentiel. Allocution de M. Paul Gondjout, Président de l’Assemblée Nationale (Extraits). Mesdames, Messieurs, Discours de André Malraux, Ministre d’Etat chargé de la culture. (Extraits) Messieurs les présidents,Excellences,Représentants du Peuple Gabonais, (Applaudissements) Qu’il me soit permis de m’adresser d’abord à vous, Messieurs les Membres du Gouvernement et de l’Assemblée, avant de m’adresser à tous. L’espoir est l’un des mots les plus exaltants de l’Histoire, parce que l’Histoire est faite, entre autre chose, d’une succession de Terres promises. Mais pour que les promesses soient tenues, pour qu’il demeure de l’Indépendance autre chose que le souvenir des jours d’enthousiasme car il existe maintes formes de dépendance, même dans l’indépendance, il n’est qu’un recours : l’Etat… Et ne croyons pas que la forme de l’Etat se confonde avec celle de l’économie… C’est pourquoi je vous souhaite, avec confiance, du plus profond du cœur, l’Etat qui assumera notre espoir, votre espoir… Vous connaissez tous l’insigne de notre drapeau commun où une main africaine serre une main française. Monsieur le Président, Donnez-la-moi, devant l’Histoire, je suis heureux que ce soit la vôtre ! Voici l’Indépendance du Gabon et le drapeau vivant de la Communauté » ! Tonnerre d’applaudissements. La foule en liesse lance des « hourra » ; d’autres pleurent de joie. A cette heure fatidique, l’Assemblée mesure le chemin parcourue pour arriver à ces moments historiques. Paul Gondjout rappelle amicalement à l’ordre la foule en liesse tapissant même les parois de la Maison de peuple. Puis le silence se fait. Léon Mba se lève alors, accompagné d’applaudissements venant de toutes parts, souriant puis l’air plus grave, face aux micros que lui tendent les organes de presse sous la direction de Georges Rawiri à l’époque Directeur- adjoint de radio Gabon. Il s’exprime d’une voix empreinte d’émotions. Allocution prononcée par Léon Mba, Premier Ministre de la République Gabonaise. Messieurs les Ministres d’Etat, représentant de la France, Nous voici au rendez-vous de la parole donnée. Dans un instant, je vais avoir la gloire de proclamer l’Indépendance du Gabon. Mon cœur, comme celui de tous les Gabonais, est plein de joie et de gravité, maintenant que le Gabon entre dans le concert des nations libres et civilisées. En ces heures solennelles où notre pays va naître à son nouveau destin, je prie Dieu qu’Il nous accorde la fécondité dans nos ménages, la paix dans nos cités, l’abondance dans nos campagnes, la sagesse et les vertus qui font la force des Nations, c’est-à-dire, l’Union, la Discipline, le Travail et la Justice. Ma pensée se tourne vers la France amie avec une gratitude profonde. Au Général de Gaulle, champion de l’Homme noir et de la Communauté franco-africaine, je dis merci. Merci du plus profond de notre âme passionnée de vraie fraternité. Et je vois dans la présence à nos côtés de Monsieur André Malraux, l’illustre Chantre du courage, de la culture et de l’humaine dignité, le présage de la « Voie Royale » où s’engage notre pays. |
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